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Carte Blanche 2014.

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Carte Blanche 2014

#Evénement

Carte Blanche 2014
© Institut Français de la Mode

Chaque année, les étudiants du Programme Postgraduate de Management Mode, Design et Luxe de l'IFM achèvent leur cursus d'un an par une épreuve d'inventivité et de créativité de deux jours, dans le cadre des enseignements d'Aspects du Design, d'Histoire de la Mode et de Culture de Mode, coordonnés par Arlette Barré-Despond, Florence Müller et Farid Chenoune.

L’exercice consiste à donner une forme originale à des idées complexes. Les étudiants sont invités à faire preuve d’originalité en jouant avec toute la palette des langages créatifs (images, sons, textes, mises en scène…). Chaque année, c'est un moment de plaisir mais aussi un travail en profondeur sur la pertinence des idées et une mise à l’épreuve des capacités de chacun à faire preuve de conviction dans un cadre collectif.

Pour cette année 2014, les étudiants, répartis en 19 groupes, avaient le choix entre trois sujets :

Manifesto

Low Profile

Etre IN tout en semblant OUT

Diaporama

Cette année, les propositions ont permis d’apprécier quelques propositions originales et étonnantes parmi lesquelles :

  • Un palimpseste calligraphié du Pavillon des Orchidées de Wang Xizhi (4e siècle après JC) ;
  • Un défilé de mode en présence notamment d’Anna Wintour et d’une blogueuse italienne où ont été présentées des tenues diverses (bleu de travail chinois, vêtements indie, preppy, rockabily, 60’, Palace, Street, Grunge, Hipster, Normcore, Mariée…). Le message : montrer « le décalage entre ce qui est présenté sur le catwalk et ce qui passe dans la tête des prescriptrices, mais aussi entre ce qu’elles pensent et ce qu’elles disent ».
  • Un « test conso » de magazine féminin visant à déterminer si la lectrice était « low profile », « manifesto » ou « In/out ». Le message : pointer du doigt les clichés de la mode avec lesquels tout le monde joue plus ou moins consciemment, la vanité des appartenances tribales et la faiblesse de la notion de « cible » en matière de marketing de mode. En ayant une connaissance parfaite du profil de chaque consommateur, peut-on répondre à ses attentes ? Une « attente d’inconnu » continuera toujours à rendre possible la création, même si les clichés continuent toujours à fonctionner. Quelle place pour la culture de l’originalité dans un monde saturé d’informations ?
  • Un choix de textes littéraires lus en « voix off » (Hugo/Aragon/Foucault, Bill Cunningham…). Le message : réhabiliter les nuances et le langage face à l’invasion des images et la simplification des catégories (contre la logique du « In/out »). Une mise en espace sonore (sans images) pour rendre hommage au « jeu des partitions personnelles », en se débarrassant du trop-plein d’images qui leur fait perdre de la force ;
  • Une performance (film + jeu) sur les archétypes de la mode à la façon Mademoiselle Agnès (la « femme Saint Laurent », la « femme Céline », la « femme Lanvin »). Le message final, autour de la montée en puissance de la « femme normcore », défendait une forme de désinvolture et de normalité ;
  • Un défilé de mode avec de véritables moutons et chèvres au sous-sol de la Cité de la Mode et du Design, qui se voulait la manifestation d’une volonté d’être « hors de », en opposition à un ordre esthétique ou conceptuel établi. « Interrogeons l’évidence, donnons du sens à une posture du doute à l’endroit de l’édifice symbolique du défilé dans la mode, bousculons-le ». Un message OUT pour dénoncer la prégnance d’un IN dénué de tout sens.
  • Un exposé sur la rayure dans l’histoire, les images n’ayant plus la force qu’elles avaient dans le passé, plus aucun signe ne permet de se distinguer (illustration du thème low profile). Question : qui a besoin d’être « low profile » aujourd’hui ? A l’ère du selfie, on ne voit plus rien. Est désormais « low profile » celui qui se montre sur Facebook comme tout le monde ;
  • Une performance sur le thème des réseaux sociaux avec des hashtags mimés.
  • Un concert performance sur le « hold-up du mauvais goût », illustrant la façon dont le mauvais goût peut être érigé en opinion dominante. Qui suit qui, qui inspire qui ? Les happy few savent se réapproprier les pièces proposées par les créateurs, y compris les plus triviales (exemple : les tongs de Phoebe Philo). De son côté, le mauvais goût consisterait à « suivre à la lettre les tendances sans jamais prendre de recul, à accumuler dans l’exubérance »...
  • Un spectacle sur le thème de la solitude à l’ère du méta-collectif et des réseaux sociaux. Le spectacle proposait un « effet bocal » ou « aquarium » pour illustrer la dématérialisation des relations humaines, le zapping des conversations avec des individus qui se côtoient sans se connaître. Une illustration de la façon dont les nouveaux usages de communication font naître des comportements drôles voire absurdes, avec une bande-son réunissant plusieurs inspirations de générations différentes ;
  • Une performance autour d’un texte de Fernando Pessoa sur le thème de la fraternité contre l’indifférence, dont les variations d’intonation et de vocabulaire permettaient de créer un impressionnant environnement visuel et sonore ;
  • Une exposition de photographies intitulée « De l’art de juger à l’esthétique de l’ambiguïté » avec un choix d’images réalisées aussi bien par des grands noms de la photographie que par des anonymes ;
  • Une émission de santé à la télévision autour d’une pathologie bien connue : l’addiction au smartphone. Pourquoi souffrir pour être connu et reconnu ? On est in quand on est connecté, out avec les gens du monde réel ;
  • Un interrogatoire de police imaginaire après l’hypothétique assassinat de Martin Margiela. Quatre principaux suspects : Nicolas Ghesquière, Marc Jacobs, Phoebe Philo, Karl Lagerfeld. Le message : l’« absence médiatique très remarquée » est un art sophistiqué. Trop d’anonymat tue l’anonymat, se cacher ne permet pas de dire qu’on est low profile.

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