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La série télévisée : un ars dominandi.

Recherche académique

La série télévisée : un ars dominandi

Benjamin Simmenauer

Que les cultures soient, comme les nations et les espèces naturelles, dans une situation de concurrence pour la survie, cela passe désormais pour une évidence. En revanche, les modalités par lesquelles une culture se retrouve en position dominante, et parvient à conserver cette position, restent mystérieuses : qu’est-ce qui permet à une culture donnée de contaminer durablement les individus d’une autre culture, de modifier leurs croyances et de transformer leurs modes de vie ? La notion de soft power, apparue dans le contexte de la théorie des relations inter- nationales, est parfois mobilisée pour décrire la façon dont la culture américaine entretient son empire. L’intérêt de cette notion est qu’elle substitue à l’idée de domination coercitive celle de domination cooptative : il n’est plus question pour le dominant « soft » d’imposer sa volonté par la force, mais de faire en sorte qu’autrui croie et veuille la même chose que lui. Cela paraît redondant, parce qu’on voit mal comment on pourrait contraindre physiquement quelqu’un à se représenter quelque chose comme souhaitable : depuis toujours, les cultures s’influencent de manière douce, et non par le recours aux armes et à la contrainte corporelle.

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